Les relations entre la Suisse et ses voisins risquent encore de se dégrader. Une semaine après la victoire du "oui" à la votation suisse concernant la limitation de l’immigration, la mise en œuvre prochaine d’un texte voté il y a trois ans fait des remous.

Le 28 novembre 2010, les Suisses votaient pour l’expulsion automatique des étrangers condamnés pour meurtre, viol, brigandage, traite d'êtres humains, trafic de drogue… mais pas seulement. Ceux qui avaient indûment bénéficié de prestations des assurances sociales ou de l'aide sociale étaient aussi dans le viseur de ce texte, à l'initiative de la droite populiste, le parti UDC. Le couperet devait tomber "même sur un étranger né en Suisse, qui y a toujours vécu et qui ne connaît ni le pays ni la langue de ses ancêtres” rapporte Le Le Point.

Comme le souligne le site de l'hebdomadaire, devant l’adoption de ce genre de votation, gouvernement et Parlement essayent généralement de gagner du temps; après l’adoption de ce texte, le gouvernement suisse a jusqu'en novembre 2015 pour le mettre en oeuvre. Mais le texte pose problème puisque l'expulsion des délinquants étrangers pour ces fautes viole le droit international.

Vendredi, l’Assemblée nationale a décidé de donner le vert à l’application de cette loi, désavouant le gouvernement, rapporte la Tribune de Genève. Une décision qui risque de crisper encore un peu plus l’Union européenne.