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Plus 60 % en un an. L’afflux de travailleurs étrangers, parfois très mal payés, inquiète les acteurs du bâtiment en Auvergne.
«Derrière la belle vitrine, tout n’est pas joli ». Le tract diffusé, il y a moins d’un mois, lors de l’ouverture au public du chantier du Carré Jaude, a fait grand bruit. À ce bout de papier, était adossé un extrait du contrat d’un employé d’une société portugaise. Même sans comprendre la langue, le salaire mensuel interpelle : 610 € !
« On en arrive à des pratiques négrières, s’emporte Laurent Dias, de la CGT Construction. Et nous qui pensions que la directive Bolkestein n’était pas passée ». En 2005, cette directive européenne, qui devait permettre aux salariés de travailler dans les pays de l’UE aux conditions de leur pays d’origine, avait servi de support aux opposants au traité européen, qui avaient obtenu son retrait.
C’était l’époque du fameux « plombier polonais ». Aujourd’hui, cette profession et cette nationalité ne sont plus les seules au centre du viseur. Poussés par la crise, les travailleurs étrangers « low cost » seraient 110.000 en France. Dans le Puy-de-Dôme, ils affluent également, même si le phénomène reste limité – moins de 0,1 % des heures globales travaillées sur le département. Mais, en 2012, ce sont plus de 60 % de travailleurs étrangers supplémentaires, qui sont arrivés, par rapport à l’année précédente.